Les signes de correction forment un langage codifié permettant à un correcteur d'annoter une épreuve sans écrire de phrases. Ils sont normalisés en France par la norme NF Z 44-002 et restent employés dans l'édition et l'imprimerie.
Chaque correction se marque 2 fois : dans le texte, à l'endroit exact du problème, et dans la marge, en regard de la ligne concernée. Le signe posé dans la marge indique la nature de l'intervention, celui posé dans le texte indique le point d'application. Quand plusieurs corrections figurent sur une même ligne, on les distingue par des signes de rappel différents.
La deleatur, boucle héritée du d de deletur, ordonne une suppression. Un trait vertical marque un caractère à remplacer, deux traits une lettre à intervertir. Un demi-crochet ouvrant demande un alinéa, un trait horizontal barré une suppression de l'alinéa. Le signe de bourdon signale un passage omis à la composition. Les mots à mettre en italique se soulignent d'un trait, en petites capitales de deux traits, en capitales de trois.
Un crochet couché indique une espace à insérer, un signe de raccord une espace à supprimer. La distinction entre espace fine, espace mots et espace insécable relève des mêmes signes, précisés par une annotation en marge, la composition numérique ayant rendu ces nuances à la fois plus faciles à produire et plus faciles à oublier.
Le suivi des modifications des traitements de texte a remplacé les signes dans la plupart des chaînes de production, et les annotations de commentaire y jouent le rôle de la marge. Les commentaires PDF, avec leurs outils de barré, d'insertion et de remplacement, reproduisent assez fidèlement la logique ancienne. Les signes manuscrits subsistent pour les épreuves papier, encore demandées par une partie des éditeurs de livres.
L'usage veut que le correcteur emploie le rouge et que l'auteur réponde dans une autre couleur, souvent le bleu, afin que chaque intervention reste attribuable. Le crayon gris sert aux remarques qui ne sont pas des corrections mais des questions, et que le compositeur ne doit pas exécuter.